La commission réunissait 20 camarades pour un travail s’inscrivant dans le cadre du lancement de la réflexion de fond lancée par le SNESUP à l’occasion de ce
congrès. Les interventions nombreuses et les échanges nourris malgré le temps relativement court ont fait ressortir la nécessité d’ancrer ce travail dans les questions
urgentes du moment, et dans le vécu des sections.
Au rang des questions urgentes les camarades ont particulièrement insisté sur :
- Le nombre des emplois de non titulaires en constante augmentation : la montée de la précarité à tous les niveaux est un problème crucial. Un texte adopté par la dernière CA du SNESUP a déjà renouvelé les mandats du syndicat concernant la résorption de la précarité et l’amélioration des conditions
de travail et de carrière des non titulaires.
Une intervention de Jacques Fossey, membre du BN du SNCS, a permis de mesurer l’ampleur du phénomène au CNRS où le nombre d’emplois précaires est passé de 3000 à 6000 depuis trois ans.
- L’apparition en de nombreux endroits de phénomènes de souffrance au travail et de cas de harcèlement moral. Les collègues
fragilisés face à la multiplication des attaques sont de plus en plus nombreux à solliciter l’aide du syndicat.
- Les attaques contre les retraites, question particulièrement brûlante au moment de ce congrès. La commission a
préparé une motion soumise à l’adoption du congrès.
- La poursuite des conséquences multiples de la loi LRU et ses décrets : problèmes sur le référentiel des
tâches et débuts d’expériences de modulation, primes au mérite (PES), applications inégalitaires de TP=TD, chaires d’excellence, montée du mandarinat et de la bureaucratie, problèmes du droit à
la recherche, atteintes aux droits des fonctionnaires (congés, mutation), gestion décentralisée, problèmes de reclassements et d’inversions de carrières.
- Le statut problématique des enseignants de second degré, et les inquiétudes que soulèvent l’annonce par le ministère
d’une réforme de ce statut. Les revendications du SNESUP concernant le recrutement, la carrière, les conditions de travail et le droit à la recherche des enseignants de statut second degré
ont été réaffirmées dans un document adopté lors de la dernière CA.
- Les difficultés des responsables de sections pour défendre les collègues sur des questions souvent pointues et difficiles réglées maintenant au plan local, la
nécessité d’aides juridiques, la tentation chez certains militants de se désengager pour «sauver leur peau » dans le climat
concurrentiel.
Se référant aux documents préparatoires du congrès, que l’on trouvera rappelés en annexes, le travail de la commission a abouti à l’adoption par le congrès d’une
résolution par laquelle sont lancés six chantiers de réflexion mis en place jusqu’au prochain congrès d’orientation, et auxquels seront associés toutes les sections locales et tous
les adhérents du syndicat, en vue d’actualiser et d’approfondir ses positions.
1 – Missions et services des universitaires
Ce thème concerne, outre les deux missions d’enseignement et de recherche, les activités nombreuses et diverses assurées par les collègues.
A propos de la recherche est beaucoup revenu dans les interventions le problème du droit à la recherche, fortement remis en
cause et qui doit être garanti par les statuts ainsi que la liberté dans sa recherche. Cette question, qui rejoint celle de l’évaluation, concerne aussi les enseignants de second degré et
non titulaires.
Sur la question du tableau d’équivalence des tâches est ressorti la question de la modulation de services, les établissements étant nombreux à confondre les deux
notions et la frontière entre les deux demandant à être précisée.
2 – Carrières
Ce point a été très discuté dans la commission. L’un des documents préparatoires comporte une proposition issue d’un groupe de travail précédemment mis en place sur
le sujet. Le diagramme qu’il comporte, à la fois trop détaillé pour le lancement d’une réflexion et pas assez explicité, a eu le mérite de susciter un ensemble de réactions montrant la
difficulté.
La revendication d’un corps unique des enseignants-chercheurs était soutenue par une majorité de camarades présents, mais il faut noter une opposition de certains
jugeant plus utile d’améliorer les promotions dans le système existant ; des craintes quant à l’accueil de cette proposition chez les collègues ont également été émises.
La plupart des interventions, favorables à la réaffirmation du mandat du SNESUP d’un corps unique des enseignants-chercheurs, se partageaient en abordant les
questions venant immédiatement : faut-il un système d’avancement accéléré (un lien avec la réflexion sur l’évaluation devant être envisagé) ? Quel niveau de rémunération de début et de
fin de carrière ? quelle durée de carrière ?
Il a été rappelé que pour les enseignants du second degré le document adopté par la CA réaffirme notre revendication de l’avancement de tous au rythme le plus élevé.
Dans ce document reste à préciser les modalités d’intégration des second degré docteurs qualifiés dans les corps d’enseignants-chercheurs.
Pour les contractuels l’établissement d’une grille d’avancement figure dans le texte revendicatif et constituera un enjeu important à brève échéance.
3 – Formation initiale et continue
La nécessité de faire bénéficier tous les personnels enseignant dans l’enseignement supérieur d’une formation tant initiale que continue a déjà été souvent évoquée.
Il faut donner un caractère concret à cette revendication : quelles modalités de mise en œuvre, quel rythme dans la carrière, quelles structures mettre en place ?
Quels contenus et quelle finalité des formations ?
Quelle prise en compte dans le service, comment garantir le droit à ces formations ?
Un lien entre ces questions et celle de l’évaluation est, ici aussi, à étudier.
4 – statut des doctorants, post-doctorants et ATER
Les questions statutaires liées à l’entrée dans la carrière se posent à la fois sous l’angle d’un combat contre la
précarité, et sous celui de la préparation au futur métier. Ce dernier point rejoint partiellement la question de la formation initiale.
Faute de temps la commission a peu travaillé sur de point. Partant de notre critique des dispositifs existants (ATER…) et du statut de doctorant contractuel qui
vient d’être introduit, il faut mettre sur pied une proposition assurant l’octroi aux doctorants et post-doctorants de véritables garanties
statutaires tout en tenant compte de la diversité des situations comme des finalités d’études.
5 – Droits des personnels titulaires et non titulaires de la fonction publique
Le constat d’une forte dégradation des conditions de travail, et de cas multipliés de souffrance au travail rend plus aigu
le besoin de réaffirmer les droits des fonctionnaires et agents non titulaires, et la nécessité de les faire respecter dans l’enseignement supérieur.
Les priorités constatées tant par le secteur Affaires Personnelles que par les sections portent notamment sur le
harcèlement moral et sur le droit aux congés. Comment assurer les moyens d’une vraie protection fonctionnelle des agents
publics ? Concernant le droit aux congés, mis à mal par l’annualisation des services, et maintenant par la modulation, des
propositions sont à élaborer tant pour servir de support à l’action dans les établissements qu’en vue d’une négociation au plan national.
Plus généralement un travail doit être fait sur l’ensemble des droits des fonctionnaires, ainsi que sur le code du travail.
Il doit déboucher sur les moyens d’assurer une égalité de traitement, sur la mise en œuvre du principe de collégialité et sur la prévention des
risques psychosociaux.
6 – Recrutements
Les témoignages sur le fonctionnement des comités de sélection confirment le danger du système mis en place, son caractère anticonstitutionnel et les nombreux cas de
contestations. Est également pointée la situation critique concernant les mutations.
La recherche de modalités de recrutement est donc primordiale et devra répondre aux questions posées dans le document préparatoire.
Il faut noter que ce point concerne non seulement le recrutement des enseignants-chercheurs, mais aussi l’affectation des enseignants de second degré, et le
recrutement des enseignants non titulaires.
Congrès du SNESUP - Dijon, 3 et 4 juin 2010